Historique du mouvement

 

« Ni bonnes, ni nonnes,  ni pigeonnes »,

est un mouvement spontané crée sur Facebook  le 13 octobre 2012 et appelle à un réveil des soignants.

Les infirmiers, toutes spécialités confondues, les cadres infirmiers, les étudiants en soins infirmiers, les aides-soignants et élèves, les aides médico-psychologiques, les auxiliaires de puériculture, les enseignants en soins infirmiers et les retraités, tous sont invités via la page du groupe à rejoindre le mouvement afin de proposer des revendications.
Celles-ci portent principalement sur les salaires, les formations, la reconnaissance et le statut, les conditions de travail, la retraite, la nomenclature des actes pour les infirmiers libéraux etc.
Ce mouvement se veut apolitique, en marge des syndicats déjà en place, sans prosélytisme pro ou anti-ordre.

Chacun doit respecter les autres membres et une charte a été proposée dans ce sens.

Des groupes  de travail se sont mis  en place après la désignation des délègués régionaux le 20 novembre 2012 .

Le groupe s’est organisé en association loi 1901 et a déposé ses statuts en préfecture pour obtenir  une reconnaissance officielle.  Sa publication au journal officiel  est parue le 02/02/2013 sous le nom de « Collectif ni bonnes ni nonnes ni pigeonnes » ou NB3NP  . Un bureau provisoire a été constitué.

Adresse mail : national@nb3np.org

Ce mouvement a ceci de particulier que, pour la première fois, des infirmiers et des aides-soignants se réunissent d’une seule voix pour une cause et des revendications communes.

Un première audience au Ministère de la Santé a eu lieu le 9 juillet 2013 ou un dossier a été remis ; consultable sur notre site .

Une deuxième audience ce déroulera le 15 octobre 2013

Principales revendications du Collectif NB3NP

Un questionnaire a été administré pour recenser les revendications principales et servir de base à des négociations auprès du ministère de la Santé. Clôturé au 15 décembre, 4418 soignants y ont répondu. Les premiers résultats détaillés sont disponibles ici: graphe résultats enquête et commentaires  :commentaires enquête_ sans autre

  • 89% des revendications portent sur l’augmentation des salaires
  • 87% sur le remise de la pénibilité pour la retraite
  • 83% sur l’augmentation du ratio soignant/patient
  • 73% sur une meilleure reconnaissance des diplômes
  • 77% sur la valorisation du suivi des patients chroniques en libéral et la non prescription du rôle propre infirmier .

Actions du Collectif NB3NP

Des actions locales et régulières de distribution de tracts ou de sensibilisation des soignants au mouvement, sont en place depuis le début.

Le 07 janvier 2013 a été une journée de mobilisation dans toute la France. Chaque région a investi un domaine pour tracter, organiser des stands de prises de constantes, des flash mob, pause-café devant le ministère de la santé…. Un relai important a été fait par la presse régionale et nationale, écrite et télévisuelle.

Quelques membres du Collectif NB3NP ont pu passer à la radio et dans des émissions TV, ainsi que chez Michel Cymes (allo docteur).

De très nombreux articles ont relayé cette journée qui fut un très grand succès.

Parallèlement, une chaine youtube privée diffuse régulièrement des vidéos reprenant divers événements dramatiques, faisant état de la gestion purement comptable et technocratique de la santé française.

Un compte twitter envoie chaque soir à 18h un message retraçant une difficulté de soignant. Le nombre d’abonnés ne cesse également de croître.

Des lettres au Ministre de la santé ont été envoyées par milliers, à plusieurs reprises, dont la dernière qui est une version tristement moderne du « j’accuse » d’Emile Zola. Cependant à ce jour, aucune communication de la part du ministère concernant une quelconque prise en compte de toutes ces actions.

Des groupes de travail recensent  les écrits, se penchent sur des solutions pertinentes et efficientes, et tentent de replacer l’humain au centre du débat. Une liste des principales revendications assorties de propositions concrètes est prête.

Une enquête sur le suicide des soignants et la mesure du burn- out est également en cours. Le but est de  comparer les chiffres récoltés a ceux transmis par la presse, l’actualité de ces dernières années ayant été certes riche en passages à l’actes de soignants mais en dessous de la réalité. De même le taux d’épuisement au travail atteint des sommets, mettant les patients et les soignants en danger.

Le 23 mars 2013  a été une nouvelle journée de mobilisation, dans chaque région, afin d’alerter le grand public et de lui prouver notre volonté d’améliorer les conditions de travail des soignants et la qualité et sécurité des soins que nous ne pouvons plus garantir.

Le 12 Mai 2013, le collectif a organisé  un rassemblement national à Paris lors de la journée  international de l’infirmière. Le cortège a démarré  de la « place de la Bastille » pour passer à proximité de la Pitié-Salpétriere. Les 200 soignants ont pris la direction de l’hôtel Dieu et se sont allongés pour symboliser l’épuisement professionnel.

Le 13 Juin 2013, les adhérents ont élus  le conseil d’administration et le bureau.

Le 9 Juillet 2013, l’association et la CNI ont été reçu en audience au Ministère de la Santé.

Le 15 Octobre 2013 une nouvelle audience a eu lieu au Ministère de la Santé vous pouvez consulter le compte-rendu sur le site .

Le 26 novembre 2013 à partir de 14H un rassemblement national aura lieu sur le parvis de la Défense  à l’occasion de la journée internationale de l’aide-soignant

 

 

Les soignés sont les bienvenus !!!

Historique des mouvements des soignants:

En 1987 un mouvement était parti des infirmières britanniques, à propos des salaires, puis a gagné la France (Salon infirmier européen au parc floral de Paris, 25 000 infirmières mobilisées).

1988 : La grève des infirmières françaises de l’automne 1988 a paralysé pendant sept mois une partie des hôpitaux et de nombreuses cliniques. Organisée pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, elle a été dirigée non pas par des syndicats ou des associations professionnelles mais par une « coordination infirmière », où étaient représentés tous les établissements en grève.

Une grande manifestation qui réunit plus de 100 000 infirmières le 29 septembre 1988, au cours de laquelle les participantes scandent le refrain du mouvement « ni bonnes, ni nonnes, ni connes », symbole d’une aspiration à la reconnaissance et à la professionnalisation, alors que les responsables politiques mettent au contraire en scène les qualités de cœur des infirmières, ce qui est pris pour un appel au bénévolat.

En octobre 1991, de nouvelles manifestations d’infirmières ont lieu et se heurtent aux canons à eau de forces de l’ordre, ce qui fragilise le premier ministre Michel Rocard.

Le mouvement a été critiqué par ses détracteurs, en particulier à la direction de la CFDT, mais les chercheurs qui l’ont analysé ont observé que de nombreuses autres catégories de salariés de l’hôpital y ont aussi participé, en particulier les aides-soignantes, et ont aussi obtenu des acquis sociaux au terme de la grève.

Depuis, de nombreux mouvements ont impliqué des infirmiers, libéraux, hospitaliers, anesthésistes pour des revendications similaires.

Cependant, La profession, elle-même, reste divisée sur le sujet et les enjeux dépassent le champ sanitaire et social. Il existe une centaine d’associations professionnelles, mais sur près de 520 000 infirmières diplômées d’État, moins de 10 % y adhèrent. La profession reste donc segmentée.

La profession est peu représentée à l’assemblée nationale (2 députés), et encore moins au sénat (1 sénateur) classés sous la catégorie « salariés du secteur médical » et non de la santé.